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Conservation des sols

La forêt joue toujours un rôle protecteur plus intéressant que toute autre occupation des sols.

Les forêts protègent les sols de l'érosion; elles  améliorent leur structure et leur fertilité
La Bourgogne possède des sols variés peu affectés par l'érosion, l'acidification, les contaminations et la baisse de fertilité qu'on redoute à juste titre dans certaines régions.

Erosion : les constats d'érosion du sol constatés en Bourgogne concernent le plus souvent les terres cultivées. Les massifs boisés des pentes, les haies, les boqueteaux et les arbres des champs sont une protection bénéfique pour les cultures en aval.

C'est le rôle notamment des taillis et boisements de pins noirs des Hautes Côtes, plantations d'épicéa et douglas des pentes des collines du Morvan autrefois déboisées.

Les formations boisées des bassins versants contribuent fortement à la réduction du ruissellement, à l'infiltration en profondeur des eaux de surface, puis à la régulation et au ralentissement du passage des eaux souterraines ; de ce fait, elles diminuent fortement les risques d'inondation et d'érosion.

Dans les zones à forte pente, le découvert et la mise à nu du sol induit par des coupes rases, a fortiori si le sol est décapé, peuvent être cause d'érosion en l'absence de reboisement rapide.

 ACIDIFICATION DES SOLS ?

Si on est sûr que des dépôts atmosphériques d'origine industrielle ou agricole, le plus souvent acidifiants, jouent un rôle dans la modification du pH de surface de certains sols, l'acidification des sols qui serait produite par la litière des essences forestières est à relativiser, notamment en Bourgogne.

En effet, bien que le PH des litières varie selon les essences, tous les humus forestiers sont acides(acides humiques et fulviques). Une des fonctions de l'humus est de faciliter la minéralisation des matières organiques de la litière.

La restitution au sol de la matière organique des feuilles, des brindilles et des branches (qui produit ces humus acides) est toujours bénéfique ; c'est l'enlèvement de cette matière organique qui serait au contraire cause de dégradations durables pour le sol, comme l'enlèvement des « terres de bruyère » en Sologne.

En réalité, en Bourgogne en particulier, la sylviculture pratiquée au XXème siècle a été amélioratrice des sols par rapport aux siècles précédents :
le prélèvement de bois a été plus faible qu'à l'époque des rotations courtes, des droits d'usage de coupes de bois de chauffage, d'enlèvement des bois morts, des feuilles, du pâturage, du panage, etc...

La restitution au sol de matière organique aux sols forestiers est, depuis un siècle, beaucoup plus importante et facteur puissant de reconstitution et d'enrichissement du complexe argilo-humique, premier facteur de fertilité du sol.

La forêt nouvelle (majoritairement plantée en conifères) a été constituée sur des sols agricoles appauvris par la culture céréalière et le pâturage. La plantation forestière est un facteur puissant de reconstitution de sols appauvris.

Les conifères comme les feuillus vont puiser la matière minérale dans les horizons profonds et les interstices de la roche mère qu'ils désagrègent ; la restitution de matière organique, peu à peu minéralisée, est très importante ; elle enrichit et épaissit le sol du fait que l'exploitation n'enlève que le bois commercialisable.

Il n'y a pas en forêt privée de Bourgogne de podzolisation de sols connus qui soit due à la sylviculture. Il est néanmoins possible, par précaution, de préférer sur certains sols d'altitude, naturellement très acides, une essence (en place ou introduite) restituant une litière peu acide. L'acidité de la litière est moindre sous les bouleaux, charmes, chênes, douglas, que sous les hêtres (litière plus acide que le douglas), pins, épicéas.