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Faits et chiffres de la forêt bourguignone

UNE HISTOIRE TRES ANCIENNE D'UNE FORET EN MUTATION CONSTANTE

Il y a 12 000 ans la Bourgogne est une toundra à pins et bouleaux ; l'Homme est là, bien avant le chêne, le charme et le hêtre. A l'âge du bronze, les clairières pour l'élevage et la culture augmentent. Le bois alimente le foyer domestique, il est matériau de construction et d'outillage, et source d'énergie pour la métallurgie. Le pâturage se pratique couramment en forêt (herbes, bourgeons, feuillage, semis...) et déjà, l'homme plante des arbres (châtaignier, noyer...).

La trame du paysage bourguignon est tissée à la florissante époque gallo-romaine ; du IIIème au VIème siècle, régression agricole et extension de la forêt. Les abbayes défrichent mais gardent un vaste espace forestier autour du monastère. Le duc de Bourgogne se constitue un patrimoine forestier de 34 000 ha pour le bois et la chasse.

On voit apparaître une petite propriété forestière privée, appartenant à des hommes libres, à qui le seigneur ou l'abbé a cédé une parcelle de bois, charge à eux d'en défricher et cultiver une partie. Du XVème au XVIIIème siècle, le bois est le matériau majeur et source d'énergie principale pour le chauffage, la métallurgie, les forges, les verreries, tuileries...

Du Morvan à Paris, le flottage du bois convoie jusqu'à 1 200 000 stères par an. Les bois de futaie utiles à la Marine royale sont préemptés dans les vallées de Saône, du Doubs et de la Loire. En 1479, le domaine ducal devient celui du roi ; en 1700 les forêts royales couvrent 84 000 ha. Les forêts communales sont, pour les plus anciennes, des cantonnements de parties de forêts, cédés par le seigneur qui se réservait ainsi la propriété et l'usage exclusif du reste. Ce cantonnement des droits d'usage ira s'accélérant après 1830.

LES BOIS APPARTENANT A DES PARTICULIERS APPARAISSENT TRES TOT ET VONT SUIVRE TOUTE L'HISTOIRE DE LA BOURGOGNE

Les particuliers propriétaires de bois sont en nombre croissant : grandes forêts seigneuriales ou ecclésiastiques, petites propriétés agricoles et forestières d'anciens laboureurs, bois aliénés par les communes endettées au XVIIIème siècle, forêts acquises par les maîtres de forges, forêts achetées par des particuliers après confiscation aux communautés religieuses à la Révolution.

En 1850 la forêt, surexploitée, couvre moins de 15% de la Bourgogne. Avec l'arrivée du charbon et de l’acier, le bois n'est plus irremplaçable. Les campagnes se dépeuplent ; les sols agricoles les plus difficiles vont être boisés avec les encouragements de l'administration ou s'enfricher. La surface des forêts est multipliée par 2,5 en 150 ans, essentiellement sur le domaine privé ; elle continue à s'étendre au XXème siècle. D’où la très forte augmentation du nombre de propriétaires de bois de moins de 10 ha, passé d’environ 72 000 (estimation Daubrée 1910) à environ 162 400 (cadastre 2002).

Le XXème siècle a progressivement étendu et enrichi les forêts bourguignonnes en bois de futaie à partir des taillis et taillis-sous-futaies appauvris des siècles passés.

Depuis mille ans la forêt bourguignonne n'a jamais été aussi étendue ni aussi chargée en bois de futaie, et ce mouvement continue.